mardi 7 juin 2011

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Le palais Orsini, à Gênes, renferme un tableau qui représente Christophe Colomb face aux savants de son temps. Il s’agit d’un de ces moments éprouvants de la vie du grand navigateur : l’abattement et la déception se lisent sur son visage alors qu’à ses pieds gisent les cartes et les plans à travers lesquels il a tenté, vainement, de démontrer le caractère sphérique de la Terre et la viabilité de ses projets. Mais derrière cette frustration, il nous est encore possible de deviner cette énergie indomptable qui l’emmènerait jusqu’au Nouveau Continent.


2


Galilée est protégé par le cardinal Bellarmin, par le cardinal Bandini, par Piccolomini, l’archevêque de Sienne, un esprit raffiné et cultivé qui rappelle le célèbre Salon de Rambouillet, et même par le cardinal Barberini – futur Urbain VIII. C’est l’Église qui lui ouvre les portes des université, de leurs précieuses recherches, et du prestige qui émanent d’elles. De l’enthousiasme de ses amis et de ses admirateurs ecclésiastiques, le savant obtient la reconnaissance qu’il mérite, brille sur la célèbre chaire de Padoue, et transmet à de nombreux, captivés et dévoués disciples, « des foules qui affluent de toute l’Europe », des enseignements qui parfois ne lui appartiennent pas, mais qui acquièrent leur droit de citoyenneté dans le monde des sciences par le biais de son éloquence incomparable.
Car de nouvelles étoiles et les tâches solaires avaient déjà été observées par les Chinois, des astronomes de très haut vol. C’est alors que Kepler a trouvé des traces de ces tâches solaires dans des observations datant de l’époque carolingienne, et elles ont donc été (re)découvertes simultanément par Fabrice, Thomas Harriot, le père Scheiner, Cysat et Galilée lui-même.


Version portugaise (2)

Galileu é protegido pelo cardeal Bellarmino, pelo cardeal Bandini, por Piccolomini, arcebispo de Siena, espírito refinado e culto, que lembra o célebre Salão de Rambouillet, e pelo próprio cardeal Barberini – o futuro Urbano VIII. É a Igreja que lhe abre as portas das academias com suas preciosas pesquisas, e o prestígio que delas deriva; do entusiasmo de seus amigos e admiradores eclesiásticos, o sábio obtém o reconhecimento que merece, brilha na célebre cátedra de Pádua e transmite a numerosos, dedicados e atentíssimos discípulos, “multidões que afluem de todas as partes da Europa”, ensinamentos que às vezes nem lhe pertencem, mas que só adquirem direito de cidadania na ciência por meio de sua eloquência incomparável.
Porque novas estrelas e as manchas solares já tinham sido observadas pelos chineses, astrônomos da mais alta categoria. Enquanto isso Kepler encontrou traços das manchas solares em observações que remontam aos tempos carolíngios, e elas foram de maneira efetiva (re)descobertas simultaneamente por Fabrício, Thomas Harriot, o padre Scheiner, Cysat e o próprio Galileu.



3


Luther étant un homme profondément religieux, « le dernier véritable moine » du Moyen-Âge , il représente simultanément l’apogée de la vie monacale et le début de sa décadence ; après lui, l’esprit monastique se retournera contre lui-même dans un excès de critique. C’est ainsi que le rationalisme est né, quoi que de manière involontaire, à Wittenberg, pour finir mélancolique à l’Université de Berlin, sous la chaire de Hegel.
Entre-temps, le calvinisme est déjà devenu, pour ainsi dire, la « version profane » de la doctrine luthérienne dans le sens pratique d’une religiosité véritablement bourgeoise, justificatrice des aspirations capitalistes. Nous trouvons chez Calvin la réunion du religieux et du politique emmenés par un formidable talent organisateur : la théologie calviniste est une « théologie de libération », au XVIe siècle. Genève a connu une vague rénovatrice qui prêchait la rupture inconditionnelle avec le passé, exigeait la persécution des dissidents, se fondait sur un « système évangélique » rigide, reniait pour pouvoir affirmer, et qui cherchait impatiemment la domination du spirituel comme garantie du temporel. Étonnant, que ce contraste brutal entre l’un et l’autre des courants sectaires, entre le luthérien et le calviniste. Alors que Luther reste étranger au monde politique, qui ne l’a jamais compris, Calvin agit toujours avec la froide logique du pédagogue. Alors que Luther semble étroit et provincial, préoccupé par des détails de la vie domestique semi féodale et rurale, l’arrogant Calvin s’occupe de l’instruction de l’élite bourgeoise, des nobles et des jurisconsultes, et leur montre les larges horizons du capitalisme. Ne serait-ce que pure imagination d’essayer de comparer le mépris des calvinistes « modernes » pour les « anciens » luthériens avec la pédante arrogance dont fait preuve la plus récente théologie vis-à-vis de l’« ancienne ». Dans le même temps qu’il impute au catholicisme traditionnel la responsabilité de la formation et de la durée du capitalisme et de l’impérialisme, ou pour le moins de la collaboration fondamentale avec ces deux expressions classiques de la volonté de pouvoir économique et politique typique de l’histoire moderne, le Concile de Vatican II semble oublier que la structure grandiose de ces expressions est enracinée dans le protestantisme calviniste.